HANDICAPÉ,VRAIMENT ?
Handicap, mot qui fait peur.
Handicapé, personne qui fait peur aussi ?
Alors on dit plus volontiers qu'on est "invalide" ou "infirme".
Non, il ne faut pas accepter cette idée-là. Bien sûr, si l'on s'en tient aux seules définitions du Petit Larousse, ce n'est pas folichon...
Invalide : celui qui n'est pas en état d'être actif
Infirme : celui qui ne jouit pas de toutes ses capacités physiques
Handicap : désavantage qui met quelqu'un en état d'infériorité
Et bien, le Petit Larousse, il a tout faux !
Etre invalide, c'est au contraire avoir une vie active, autrement que dans le seul langage du monde du travail.
Active, parce que même invalide, il y a la vie, et cette vie, on "l'agit" à sa façon, peut-être même plus intensément.
Etre infirme, c'est au contraire jouir de ses capacités physiques, celles qui sont intactes.
De celles-là, on en "jouit", au sens premier du terme, parce qu'elles sont ce qui reste de plus précieux, et qu'on en a pleinement conscience.
Etre handicapé, c'est le contraire d'être en état d'infériorité.
A qui donne-t-on un handicap dans les courses ou dans certaines compétitions sportives ?
A celui qui est le plus fort !
Oui, être handicapé, et être fort justement.
Plus fort que les autres souvent.
Son handicap, on ne doit pas le porter comme une étoile jaune.
Pas plus qu'on ne doit le porter en bannière.
Mais le ressentir comme une force intérieure, qui fait avancer.
Oui, avancer, même en fauteuil, même sourd, même aveugle. Avancer dans sa tête.
Et surtout ne pas être aimé "pour" ou "grâce" à son handicap, ce qui serait alors, au mieux de la compassion, et au pire de la pitié. Mais sûrement pas de l'amour.
Etre aimé pour ce qu'on est à l'intérieur de soi.
Handicapé ou non.